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Servonnat
veut "humaniser" la salle de bains.
Faut-il parler de commerce équitable
entre fabricants et distributeurs français, comme
on tente de le faire entre pays du tiers-monde et pays
développés ? Oui, répond Guy Servonnat,
fabricant de mobilier de salle de bains et humaniste convaincu.
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Guy Servonnat, concepteur-fabricant de mobilier de salle de
bains à Sarrians (84), doit se réjouir de la
récente initiative de Renaud Dutreil, Secrétaire
dEtat aux PME, au commerce, à l'artisanat et
aux professions libérales. Celui-ci vient en effet
de présenter un projet de révision de la loi
sur la négociation commer-ciale entre fournisseurs
et distributeurs. Le gouvernement veut ainsi sensibiliser
les partenaires économiques sur la nécessité
de diminuer les "marges arrières" dont le
niveau, devenu excessif, nest pas sans conséquence
sur la hausse des prix et la compétitivité des
entreprises.
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Du miroir à labattant de WC, en passant
par les meubles de la ligne Saxo,
tout ici est signé Servonnat (hormis les sanitaires).
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Or, Guy Servonnat mène le même
combat depuis pas mal de temps. Il sintérroge
sur tous ces "gestes commerciaux" non contenus
dans les conditions générales de vente,
telles les réductions de prix hors facture ou la
coopération commerciale. «Les coûts
de distribution sont devenus exorbitants, déplore-t-il.
Les distributeurs ont besoin de marges arrières
comprises entre 10 et 15 % de la valeur des produits,
alors que la marge des fabricants tels que nous tourne
autour de 5 % !».
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Faire connaître ses produits. |
«Je propose
donc une relation plus équilibrée entre
fabricants et distributeurs afin que chacun y trouve
son compte. La tendance aujourdhui, cest
le renforcement des grands groupes de production et
de distribution, lobjectif étant de peser
de plus en plus lourd. Faut-il donc grossir à
tout prix pour avoir une place sur le marché
?», interroge ce patron de PME qui croit à
lentre-prise à taille humaine.
«Il est peut-être nécessaire que
les distributeurs osent diversifier leurs gammes et
soient plus à lécoute des évolutions
sur leur marché national, ajoute-t-il. Les salons
ne sont-ils pas dexcellentes occasions de rencontrer
les fabricants et de découvrir de nouveaux produits,
y compris ceux des entreprises de taille plus petite
?» Et Guy Servonnat sait de quoi il parle, car
il a justement des choses à montrer.
Il réalise en effet trois lignes de produits
: des armoires de toilette (50 % dun chiffre daffaires
total de 1,5 million deuros), des ensembles de
salle de bains (20 %) et des accessoires (30 %). Ces
derniers, fabriqués à raison de 15 à
20.000 pièces par an, vont de la patère
au miroir, un produit qui «marche bien»,
selon le concepteur vauclusien dont les collections
se veulent «raffinées à lextérieur
comme à lintérieur». Les meubles
en médium sont par exemple entièrement
laqués.
Les armoires de toilette ne sont pas en reste. Pour
preuve, la dernière gamme produite Star
porte bien son nom. Les lignes épurées
associent laque brillante, verre et lumière grâce
à un éclairage basse tension diffusé
à travers des écrans sablés. Un
modèle de ces armoires extra-plates (10 cm de
profondeur) peut même séclairer avec
un détecteur de présence.
Côté meubles, il y a bien sûr la
classique gamme Saxo disponible en laque brillante et
en satiné uni ou bicolore dans quelque 25 coloris
(cf. pages 32 et 34 de ce numéro). Cette ligne
de meubles posés vient de sagrandir avec
larrivée déléments
sous lave-mains (50 x 20 cm, au prix de 195 euros environ)
qui apportent une solution "gain de place".
Mais, le fabricant de Sarrians propose bien dautres
collections de meubles de salle de bains. On citera
notamment, parmi les nouveautés, la gamme Mareva
dont les compo-sitions se déclinent assemblées
ou nomades.
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Coordonner meubles et céramiques. |
Guy Servonnat
fonde aussi beaucoup despoirs sur un projet
bien avancé et baptisé Lolita. Il sagit
dun concept de mobilier sanitaire coordonné
avec les plans céramiques des grands noms du
marché. Les meubles, encadrés de montants
en érable naturel vernis ou laqués,
sont proposés en camaïeu de coloris, en
coordonné ou en contraste de couleurs. Des
éléments de complément colonnes,
meubles bas viennent étoffer cette gamme.
Lolita se positionne donc comme un complément
de réponse à loffre des céramistes
et en harmonie avec la haute qualité de leurs
vasques et plans de toilette.
De taille modeste (une vingtaine de salariés),
lentreprise ne manque donc pas pour autant de
créativité et de qualité. Cela
lui vaut dailleurs de travailler depuis longtemps
avec des clients prestigieux comme les grands magasins
du BHV ou le groupe Saint-Gobain (Point P et Cédéo).
Un clientèle exigeante : «Dans ces magasins,
tout ce qui ne tourne pas assez vite est impitoyablement
éliminé, explique le chef dentreprise.
Mais, cest une bonne école qui nous contraint
non seulement à être rigoureux avec les
délais et la qualité, mais surtout à
faire ce qui se vend et non des rêves de designer».
Comme quoi, on peut prôner lhumanisme
dans les affaires et garder les pieds sur terre...
Une
armoire de toilette extra-plate de la
nouvelle gamme Star :
la glace cache pourtant un espace de rangement
de 7 cm de profondeur.
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Le
projet Lolita nest pas encore en
fabrication.
Lidée est de coordonner le
mobilier avec de beaux produits céramiques.
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La
ligne Mareva : de lintérieur
des tiroirs aux façades, tout est
laqué
(2.500 euros environ, hors
robinetterie).
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Article
paru dans DECOR BAINS - AUTOMNE 2002
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