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De
la plomberie aux salles de bains haut de gamme.
L'entreprise familiale de Sète
(34), Clim le couturier du bain, s'apprête à
prendre un tournant important dans son histoire, débutée
il y a plus de cinquante ans.
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Yves, Michel, Jacky, Denis et depuis seulement quelques semaines
Gérald...
La famille Espinasse
a su imposer son nom au fil des générations.
De père en fils, chacun a amené sa pierre à
l'édifice qui pèse aujourd'hui 1,2 million d'euros
de chiffre d'affaires. Histoire de la saga des "couturiers
du bain".
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Michel Espinasse, devant un plan en
bois d'iroko et sa vasque taillée dans la masse par
la petite société Image, installée dans
la région lyonnaise.
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De
génération en génération.
En 1949, Yves Espinasse crée à
Sète (34), sa ville natale, les Etablissements à
son nom, une petite entreprise de plomberie, chauffage et
climatisation. A cette époque, pas question de salle
de bains, c'est le dépannage qui prime. Lun
des fils, Jacky, apprend le métier aux côtés
de son père et reprend en 1970 l'entreprise familiale
avec son frère, Michel. C'est ce dernier, un bac
technique de dessin industriel en poche, qui oriente les
Etablissements Espinasse vers le marché naissant
des salles de bains. Cette activité florissante prenant
une part de plus en plus importante dans le chiffre d'affaires
de la société, les deux frères achètent
en 1986 quelque 800 m2 de locaux dans une des nombreuses
rues pentues de Sète. Avec un magasin de 200 m2 tout
en profondeur et un dépôt à l'arrière
de 600 m2 pour stocker le matériel, Michel Espinasse
affiche sa nouvelle spécialité : les salles
de bains. Mais, habitués à trente ans de plomberie-chauffage
et climatisation, les Sétois mettent un certain temps
avant de réaliser que les Etablissements Espinasse
se sont diversifiés. «Aujourd'hui encore, des
clients sont étonnés de nous voir proposer
des salles de bains sur les salons de la région»
note Michel Espinasse. Pas facile de changer l'image d'une
société. C'est seulement à partir de
1995 que la salle de bains réussit à prendre
le pas sur l'activité originelle de l'entreprise.
L'équipe s'agrandit. Trois ans plus tard, Michel
et Jacky pensant vendre leur société quand
l'heure de la retraite aurait sonné, ont eu la surprise
de voir arriver dans l'entreprise familiale, Denis, le fils
aîné de Michel... «C'est au cours d'un
repas à la maison qu'il m'a annoncé qu'il
souhaitait reprendre l'entreprise. Je ne m'attendais pas
du tout à cette nouvelle» se souvient Michel
Espinasse plutôt satisfait de pouvoir dans quelques
années transmettre son entreprise à son fils.
Diplômé de l'Ecole de commerce de Bordeaux,
Denis Espinasse a travaillé un an dans les assurances
avant de se lancer en 1998 dans l'aventure familiale.
Avril 2002, dernier épisode de la
saga sétoise, l'arrivée de Gérald,
25 ans, le deuxième fils de Michel. C'est encore
avec plus d'étonnement que Michel Espinasse a enregistré
l'arrivée du fils cadet. «Il ne connaît
rien à la salle de bains. Après une école
de commerce international, il a fait des stages aux Etats-Unis
et au Mexique. De retour en France il y a six mois, il n'a
pas trouvé de travail dans sa branche. Après
mure réflexion, il a décidé d'apprendre
le métier et de travailler dans la société.»
Les deux jeunes frères
Espinasse, Denis et Gérald,
sur le stand du tout nouveau Salon de l'Habitat de
Sète.
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Des salles de bains "savon en main".
Aujourd'hui, la société réalise
un chiffre d'affaires de 1,2 million d'euros dont 70 % en
salles de bains et 30 % avec l'activité plomberie -
chauffage - climatisation. Balnéothérapie, SPA,
hammam, sauna, douche hydrothérapie, mobilier, accessoires,
carrelage... Clim, le couturier de la salle de bains, conçoit
et réalise des salles de bains "savon en main"
selon l'expression familiale désormais célèbre
! Tout est pris en charge par la société, sans
intervention extérieure, excepté pour les plafonds
tendus... 80 % de ces salles de bains "savon en main"
sont des rénovations ou des deuxièmes constructions.
Ce sont plus de quarante réalisations par an, de moyen
et surtout haut de gamme, au coquet budget moyen de 18.300
euros. Tous les styles sont réalisés, du classique
au rétro en passant par le contemporain ou le très
moderne. La clientèle de la société,
répartie sur quatre départements, l'Hérault,
le Gard, une partie de l'Aveyron et de l'Aude, est plutôt
aisée. 70 % de l'activité de la société
se fait en dehors de Sète. «Le profil type de
mes clients, ce sont des personnes installées dans
la vie, qui ont construit il y a une quinzaine d'années,
qui ont payé leurs crédits et qui, après
avoir refait leur cuisine, se font plaisir en installant une
belle salle de bains pour leurs vieux jours» décrit
Michel Espinasse, qui note néanmoins un certain rajeunissement
de sa clientèle ces dernières années.
Douche ou baignoire ? Ses clients préfèrent
à 70 % la douche à la baignoire, quand ils ne
peuvent pas disposer des deux...
17 personnes travaillent dans l'entreprise
familiale, dont deux équipes d'ouvriers polyvalents
pour les salles de bains et trois salariés pour l'activité
plomberie - chauffage - climatisation. Afin de répondre
à la demande de ses clients, le patron de cette PME
a besoin d'une nouvelle équipe d'installateurs de salle
de bains, opérationnelle avant fin juillet 2002. Mais,
comme beaucoup de bainistes, il connaît d'énormes
difficultés à embaucher. Depuis trois mois,
ses offres d'emploi sont affichées à l'ANPE,
mais personne de compétent ne s'est encore présenté...
«Il y a un gros souci de formation dans le bâtiment.
Nous n'avons pas su suffisamment motiver les jeunes pour qu'ils
choisissent des métiers manuels. Il est temps de revaloriser
la profession, notamment en augmentant les salaires»
alerte Michel Espinasse qui, en tant que vice- président
de la Fédération du Bâtiment de l'Hérault,
est doublement au fait de la situation. Un manque de main
d'uvre qui n'empêche pas la société
sétoise d'honorer son carnet de commandes bien rempli.
Le délai de réalisation d'une salle de bains
est d'environ trois mois. «Ce qui prend beaucoup de
temps, c'est de rassembler les différents produits
choisis par les clients. Certains fabricants, qui ont peu
de stock, demandent jusqu'à huit semaines pour nous
livrer. Sans toutes ces pièces réunies, nous
ne pouvons pas démarrer une salle de bains. Ensuite,
il faut compter une quinzaine de jours ouvrables pour finir
le chantier» explique le patron.

A l'entrée
du magasin, une vasque réalisée sur
mesure par un potier de la région, surmontée
d'un robinet du fabricant italien Gessi, est encastrée
dans du marbre vieilli Cottoveneto.
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Du
haut de gamme exclusif.
«Nous proposons des produits rarement
déjà présents dans les départements
environnants.» Fidèle à ses fournisseurs
depuis des années, Clim le couturier du bain, a notamment
l'exclusivité dans l'Hérault du fabricant lyonnais
Prestige Sanitaire, spécialisé dans les baignoires
et douches haut de gamme. Ambiance Bain et Ducholux font également
partie des plus réguliers fabricants avec qui ils travaillent
en direct. Les robinetteries sont de marque THG et Delepine,
qu'ils sont lun des rares à distribuer en France.
Au niveau des carrelages, ils se démarquent également
de leurs concurrents avec les produits de l'Espagnol Aparici
et des Italiens Apiani, mais surtout Sant'Agostino, dont les
nombreux échantillons envahissent les étroits
couloirs de la boutique. Chaque centimètre carré
est exploité... Une quinzaine de salles de bains, la
plupart en fonctionnement, ont été réalisées
dans le magasin. «Nous avions construit une salle de
bains fermée pour que les clients essayent les produits
en toute intimité, notamment la balnéothérapie
et l'hydromassage. Mais ça n'a intéressé
que très peu de monde. Les gens sont trop pudiques
pour ce genre d'expérience» constate Michel Espinasse.
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Concept
chambre salle de bains avec baignoire Florence de Prestige
Sanitaire,
robinetterie Top Kapi de THG, plage baignoire en teck
pont de bateau
et lumières encastrées.
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Dans la boutique, tous les styles sont représentés.
A l'entrée, une vasque réalisée sur mesure
par un potier du Languedoc-Roussillon, surmontée d'un
robinet du fabricant italien Gessi, est encastrée dans
du marbre vieilli Cottoveneto (voir photo ci-dessus). Plus
loin, différents modèles de baignoires Prestige
Sanitaire s'imposent dans des décors baroques, classiques
ou asiatiques. Au fond du magasin, un plan en bois d'iroko
et sa vasque taillée dans la masse par la petite société
Image, installée dans région lyonnaise, interpelle
les visiteurs. Deux ou trois implantations de salles de bains
changent chaque année, notamment après la Foire
internationale de Montpellier, au mois de septembre. Lun
des grands rendez-vous annuels pour la famille Espinasse qui
est également présente au Salon de l'habitat
en mars, toujours à Montpellier, à la Foire
de Béziers (34) et tout dernièrement à
la première édition du Salon de l'habitat de
Sète. A chacune de ces manifestations, les stands léchés
du "couturier du bain" remportent beaucoup de succès.
«Avec le bouche à oreille et un peu de publicité
dans les journaux locaux, ces salons nous permettent de tourner
dans le domaine de la salle de bains» explique Michel
Espinasse qui ne compte pas l'emplacement de sa boutique,
ni sa devanture vieillissante pour attirer la clientèle.
D'ailleurs, sa rénovation ne fait pas partie de ses
projets...

Plateau
de verre console en chrome, vasque encastrée
en inox,
miroir Tectur et robinetterie Philippe Starck de Hansgrohe.
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Un
tournant pour l'entreprise familiale.
Le prochain épisode de la saga familiale
se jouera à quelques kilomètres de là,
à l'entrée de Sète, le long du canal.
La société, créée il y a plus
de cinquante ans, s'agrandit. Une négociation est en
cours pour l'achat d'un terrain de 2.500 m2 où seront
construits quelque 400 m2 de surface de vente, des bureaux
et un dépôt pour entreposer le stock. De nouveaux
locaux plus faciles d'accès pour la clientèle
et les livreurs. «Aujourd'hui, les clients se plaignent.
Ils ont beaucoup de mal à nous trouver et encore plus
à se garer. Nous ne pouvions pas développer
l'entreprise en restant sur ce site», explique Michel
Espinasse, qui ne souhaite pas s'étendre davantage
sur l'implantation du futur siège de sa société.
Les travaux sont prévus au mois de septembre et devraient
s'achever au printemps 2003.
Autre projet en cours, la modification de
la structure de l'entreprise familiale. Les Etablissements
Espinasse, appartenant à part égale à
Michel et Jacky Espinasse, conserveraient l'activité
plomberie - chauffage - climatisation et une nouvelle société,
au nom de Clim le couturier du bain, qui n'est aujourd'hui
qu'une enseigne, serait créée pour les fils,
Denis et Gérald. Cette société serait
spécialisée dans la salle de bains et se lancerait
par la suite dans une nouvelle activité, le négoce.
«Nous sommes en discussion avec des fabricants espagnols
et italiens, avec qui nous avons des exclusivités,
pour développer leur marché en France»
confie Michel Espinasse. L'entreprise familiale prend un nouveau
tournant déclenché par l'arrivée des
deux jeunes frères, décidés à
imposer leur nom sur le marché de la salle de bains.
Un challenge à la hauteur des ambitions de la nouvelle
génération Espinasse.
S.I.

Lune
des implantations réparties sur les 200 m2
du magasin : ensemble mobilier en wengé avec
vasque en pierre Fred du fabricant Hac, robinetterie
Hansgrohe.

Plans
de toilette en teck, vasques Decotec, robinetterie
surélevée
Philippe Starck de Hansgrohe, douche à la romaine
avec hydrothérapie,
parois Ducholux et plafond tendus.
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Article
paru dans DECOR BAINS - PRINTEMPS 2002
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